29 juin 2008
Scottish Hymn
Une
animation celtique, en bas de chez moi, je n'étais même pas au courant… Quelle
surprise à mon retour que d'entendre le son des instruments interdits et quelle
joie de voir qu'ils étaient maniés par des écossais pure souche.
Mais mon
sourire, mon baume au cœur s'est bien vite transformé. En moi montait une
tristesse séculaire qui ne cessait de s'amplifier. Elle a atteint son paroxysme
quand "mes frères" ont commencé à jouer l'hymne écossais.
Toutes mes
tristesses accumulées depuis des années, toutes les douleurs sont remontées
d'un coup dans ma gorge, dans mon cœur et je n'ai pas pu retenir mes larmes,
c'était trop fort…
Et là j'ai
non seulement revu ma terre d'âme, telle que je la vois souvent quand j'y
pense, mais elle m'a aussi frappé en plein cœur. Je l'ai senti, je pouvais
presque la toucher et tout a explosé en moi. J'ai eu beau tenter de me cacher
derrière mes lunettes de soleil, cela s'est vu si bien qu'un des écossais est
venu me parler.
Il m'a
demandé comment cela se faisait que cela semblait autant me toucher et je lui
ai un peu expliqué.
Il m'a dit
à peu près ceci: "mon ami, tu n'es pas français, tu es écossais dans ton cœur et dans ton
âme. C'est cela que tu ressens si fort et l'Ecosse t'appelle, elle te manque,
et c'est ce qui te fait mal".
J'ai baragouiné quelques mots en anglais pour le remercier après avoir lâché un "You're right I think…". J'aurais du leur proposer un verre après leur prestation mais j'étais si retourné que c'est à peine si j'ai réussi à retrouver le chemin de mon appartement. Je me suis écroulé et, beaucoup d'entre vous ne comprendrons pas et se moqueront, mais j'ai pleuré, comme pleure un petit enfant qui pense qu'il a perdu sa mère…
Astriel
Astriel_lionheart@hotmail.fr
27 juin 2008
Les sorcières de Salem
Avant de vous livrer prochainement ma dernière chanson dont je vous ai parlée la dernière fois, je vous offre ce soir un petit texte que j'ai écrit aujourd'hui.
Encore une fois, c'est humblement que j'espère qu'il vous plaira et vous fera passer un bon moment en ma virtuelle compagnie.
Une dédicace spéciale à une jeune brunette qui se reconnaitra. Ce texte et l'histoire des sorcières de Salem sont typiquement représentatifs du regard que peut porter l'humanité sur les êtres qui sont différents, que ce soit par leur apparence ou plus profondément. Tu l'es souvent par les deux et peu loquace qui plus est. Ne te préoccupe jamais du regard que les autres pourront méchamment porter sur toi "ma fille de coeur", seul ceux qui pousseront plus avant pour faire la rencontre de ton âme mérite que tu leur accorde ton attention ;)
Quand à vous tous qui lisez ces lignes, ne croyez pas que les sorcières soient celles que vous croyez.
Non, souvent on s'y tromperaient, moi même je fus dupé.
Les véritables sorcières ressemblent à tout à chacun, et elles peuvent bien cracher autant qu'il leur plaira sur les sirènes ou les apprentis chevaliers, ne vous en souciez pas: pour elles je n'ai que de la pitié...
LES
SORCIERES DE SALEM
Dans le
clair-obscur de la nuit étoilée,
Les
sorcières de Salem autour du feu dansaient.
Sous la
lune pleine qui dominait les cieux,
Leur chant
surnaturel faisait trembler les dieux.
Sont-ce des
femmes, sont-ce des démons ?
Se demandaient
les noctambules à l'unisson.
Tant la
lueur des flammes sur elles miroitante,
Faisait
briller leurs yeux comme ceux de démentes.
Des rires
s'élevaient de ce sabbat insouciant,
Et
résonnait comme un sifflement de serpent.
L'enchantement
irrésistible de cette folle ronde,
De l'enfer
invoquait les bêtes les plus immondes.
Sont-ce des
démons ou bien sont-ce des femmes ?
Est-ce que
ces créatures ont seulement une âme ?
Durent se
demander les juges impitoyables,
En leurs
faisant subir des supplices effroyables.
Les
obscures magiciennes retrouvèrent le feu,
Quand elles
furent immolées au seul nom d'un dieu,
Ou jetées
en pâture aux eaux troubles du fleuve,
Sans que
l'on ne s'embarrasse d'éventuelles preuves.
Fussent
t'elles des démons ou bien juste des femmes,
Les
sorcières de Salem retournèrent à leurs flammes;
Mais encore
aujourd'hui on entend dans la clairière,
Leurs
rires, parfois, sous les astres éphémères.
Astriel
Astriel_lionheart@hotmail.fr
25 juin 2008
(un)happy end
{...} Il se lève,
jette son portable à terre, fulminant.
Il le ramasse,
tourne deux ou trois fois en rond dans la pièce en marmonnant puis envoie un message texte plein de colère.
La nuit
s'approche, ils l'attendent.
Dans
quelques temps son portable se mettra à vibrer. Ils vont se demander ce qu'il
fait, perdus comme les enfants qu'ils sont.
Les idées
le traversent comme des poignards.
A quoi bon
défendre cette humanité stérile et imbue d'elle-même qui n'arrive même plus à
tendre la main à son prochain. Pire, elle ne parvient même pas à penser que
c'est une réaction normale.
Oui, à quoi
bon…
En son cœur,
à cet instant, il hait presque autant l'humanité qu'il ne l'aime.
Il a
toujours pensé que les femmes étaient meilleures que les hommes mais en fait,
le temps lui prouve chaque jour le contraire.
Qu'est t'il
de pire que de comprendre que l'on fait fausse route depuis toujours, que l'on a
perdu au fond toute sa vie…
En fait, il
n'y a plus rien à sauver dans ce monde corrompu. Et le pire, oui, le pire,
c'est qu'il sait à présent que sa vie est vaine, totalement vaine. Quand tout
ce qui vous maintient encore dans le monde des vivants s'écroule, quand les
illusions disparaissent, il ne reste plus rien…
Une
bouteille de vodka. Parfait. Voilà ce qu'il lui faut.
Il s'assoit
par terre en poussant sa lame de côté, débouche la bouteille et en avale d'un trait la moitié.
Et l'ancien
chasseur de démons, annihilé, murmure amèrement:
"Qu'elle brûle dans l'enfer qu'elle s'est elle-même créé cette ingrate humanité ! Moi, j'en ai finit avec elle ! "
(l'histoire pourrait s'arrêter là...)
Il avale le reste de la bouteille, se lève et s'approche de la fenêtre. Il regarde le soleil couchant, cette stupidité inventée pour les romantiques se dit-il en souriant ironiquement.
"Bahhhhh ! Ok ok, bonne réponse toi là haut..."
Tant que le soleil se couchera et se lèvera sur ce monde, tant qu'il y aura une part de lumière en un seul Homme, le combat doit continuer...
24 juin 2008
préambule
Puisque Lemecperdu a lancé un peu l'idée et le défi d'écrire sur un sujet donné par un lecteur/une lectrice de mon blog, je vous laisse la possibilité, vous qui habituellement laissez des commentaires, ou vous qui n'en laissez pas, de me donner, si vous le désirez, différents sujets d'écriture sur lesquels vous aimeriez me voir coucher quelques lignes sur ce papier virtuel.
Si j'en receuille suffisemment et si ce principe vous plait, j'en choisirai un ou plusieurs et m'y atelerai. Et si cette idée de défis lancés n'intéresse point, alors faites comme si je n'avais rien dit ;)
En attendant de voir si l'idée vous sied, je vous livre un petit texte. LA prochaine fois, vous aurez droit à ma dernière chanson (en français) si vous êtes sages ;)
PREAMBULE
Une
sonnerie se fait entendre comme un écho,
Au moment
où le jour abandonne son fardeau
A la nuit
qui enveloppe doucement le monde
De son
manteau épais, l'entraînant dans sa ronde.
Quand enfin
je découvre le doux son de ta voix
Qui résonne
dans le soir comme un Hallelujah,
A l'écoute
je suis, chacun de mes sens en éveil:
J'entends
juste murmurer ta bouche vermeille.
Aucune
hésitation ni aucun préambule fade,
Tous nos
mots se mêlent ensemble et paradent,
Comme s'ils
se connaissaient depuis longtemps,
Comme si
cela remontait à la nuit des temps.
Les mots se
succèdent en une grande farandole,
Nos idées
se bousculent en une danse folle,
Et nous
rions ensemble de voir Ô combien,
Nous
commençons tout mais ne finissons rien.
Avons-nous
conversé des heures ou des secondes,
Dans le
soir s'envolèrent nos paroles fécondes,
Pour ne
laisser en moi que l'immuable souvenir
D'un
instant partagé, le mirage de ton sourire.
Astriel
Astril_lionheart@hotmail.fr
16 juin 2008
guerres feintes
Et bien je vais encore me confronter aux mails d'insultes, menaces de mort ou de tout poil mais je m'en fiche, au contraire. Que mes détracteurs se déchainent, cela me fait vraiment plaisir de voir combien je suis insupportable à ceux que je dérange.
Quoi qu'il en soit, je vais toucher à "THE sujet" qui ne fait pas plaisir généralement puisqu'il s'agit de la religion. Mais en fait, ce n'est pas aux religions que je veux m'en prendre, non, seulement aux faux prêcheurs de tous ordres et de toutes confessions.
Car tuer au nom d'une religion, au nom d'un Dieu quel qu'il soit et commettre les pires sévices en s'en justifiant m'est parfaitement insupportable.
Du temps des croisades, la plupart des templiers avaient compris cela et avaient refusé d'y participer. On leur a souvent forcé la main et beaucoup ont trouvé la mort pour avoir refusé de se résoudre à tuer au nom d'une foi, juste pour convertir autrui. Mais les croisades ont eu lieux et c'est une honte. Comme les prêches forcés et les conversions des conquistadors espagnols catholiques, comme ces extrémistes musulmans qui appellent au Djihâd, comme... la liste serait longue et aucune religion (si ce n'est le Boudhisme à ma connaissance) n'en est exclue. Oui, c'est une honte quand on sait combien chaque texte de quelque religion que ce soit prône tolérance et amour de l'autre...
Il semblerait que bien des hommes "pieux" ne sachent pas lire...
GUERRES
FEINTES
Combien de
trahisons, combien de poignards plantés dans le dos
Au nom de
l'Amour, combien de crimes odieux seront perpétués
Au seul nom
d'un dieu, combien encore planteront leurs couteaux
Saliront la
candeur d'une enfant ou cracheront sur leurs épées
Qu'elles se
nomment seulement croisades ou bien encore Djihâd
Catholiques
ou musulmanes, ce sont toujours les mêmes guerres
Ce sont
toujours les mêmes fausses excuses, les mêmes bravades
Qui
finissent inexorablement par remplir de nombreux cimetières
Vous qui
usez de tant de violences en vous cachant derrière Dieu
Croyez-vous
réellement qu'Il soit fier de tels comportements vils
Ne
voyez-vous donc pas qu'Il pleure en regardant vos actes odieux
Quand vous
semez la terreur et la mort dans les rues de vos villes.
Guerre et
sainte sont deux mots qui n'ont rien à faire ensemble
Avez-vous
seulement lu les écrits de vos religions respectives
Ou vous
contentez-vous devant les prêcheurs qui se rassemblent
D'écouter
les mensonges que l'on vous sert de façon abusive
Car si vous
lisiez vraiment ces textes vous comprendriez enfin
Que sur
trois points bien précis tous s'accordent parfaitement:
En prônant
liberté de culte, tolérance et amour de son prochain
Il
semblerait que vous n'ayez pas compris grand-chose vraiment…
Le mal que
vous désirez tant combattre au nom de votre Dieu
Il vous
faut aller le chercher ailleurs et non chez les hommes
Cessez de
torturer, violer ou tuer vous qui vous dites pieux
Et levez
vos poings contre vos véritables ennemis en somme
Humains,
vous êtes tous frères, quand le comprendrez-vous ?
Faut-il que
milles démons assiègent vos cités alors en flammes
Pour que
vous unissiez vos forces et qu'ensemble, debout
Vous
combattiez, enfin, côte à côte, au péril de vos âmes
Aucun autre
combat ne mérite que se répande le sang de braves
Ne faites
jamais couler inutilement celui de vos semblables
Religion
est Amour, liberté, et non cette haine qui vous entrave
Aimez-vous, et ne luttez que contre ce qui est abominable.
Astriel
Astriel_lionheart@hotmail.fr
07 juin 2008
La marque du loup
Bon, et bien je crois que c'est une première.
En effet, si ce n'est pas pour moi une première en écriture, je crois que c'est la première fois que je vous livre ici une nouvelle que j'ai écrite.
En fait, je l'avais écrite il y a bien des années puis perdue. Comme je n'ai jamais remis la main dessus, j'ai réécrit totalement la nouvelle, simplement en gardant en tête l'histoire et les personnages comme je m'en souvenais et en remettant tout sous forme, avec le style, qui vaut ce qu'il vaut, mais qui est le mien aujourd'hui.
Si je n'avais jamais posté de nouvelle ici c'est que premièrement, elles dataient toutes de ma jeunesse et donc que je ne suis pas particulièrement fier de ce qu'elles sont, de leur forme et de leur style, et deuxièmement parce qu'une nouvelle, et bien c'est assez long à lire et je ne savais pas trop si certains d'entre vous auraient le courage de lire cela jusqu'au bout.
Quoi qu'il en soit, aujourd'hui c'est fait avec cette nouvelle que je vous soumets. J'espère que certains liront, qu'ils me laisseront des commentaires pour cette première et peut être même, qui sait, certaines des personnes qui ont l'habitude de me lire sans jamais laisser ici un mot le feront, cela me ferait très plaisir même si c'est pour crier que c'est abominable (rire).
Enfin, j'espère qu'elle vous fera passer un bon moment.
Astriel
LA MARQUE
DU LOUP
Chapitre 1: Promesses d'un éternel amour
"Oh
mon Dieu, elle est magnifique !" s'écria Suzanne un sourire exalté sur les
lèvres.
Lyle était
de ceux qui ne souriaient jamais franchement. Au mieux, un petit rictus en coin
marquant son amusement ou son contentement.
"Suzanne,
veux-tu devenir ma femme ?"
"Oui,
oui, oui, oui, ouiiiiii !"
Elle était
toute excitée, comme une enfant recevant la poupée qu'elle attendait depuis des
mois. Il faut dire que Lyle avait pris son temps pour faire sa demande. Voilà
plus de deux ans qu'ils étaient officiellement ensemble et dans le milieu plus
qu'aisé dont il faisait partie, on se fiançait à la vitesse de l'éclair car, la
plupart du temps, les tourtereaux se connaissaient depuis leur plus tendre
enfance et étaient promis l'un à l'autre.
Mais Lyle
n'avait que faire des unions arrangées. Une fois pourtant il y avait cru tant
les conventions s'accordaient alors avec son cœur…
Depuis qu'il était adolescent, il avait rêvé du grand amour et l'avait trouvé puis perdu…
Mais le
jour où il présenta une roturière, comme la nommait son père, à sa famille, ce
fut une journée de deuil pour les Vanger.
"Comment
oses-tu envisager d'épouser un jour cette… roturière !" avait lancé son
père devant Suzanne avec un air de dégoût.
"Mon
fils, n'as-tu pas conscience qu'elle en veut uniquement à ton argent ?!"
Choquée,
Suzanne serait partie en courant si Lyle ne l'avait pas rattrapée par le bras
ce jour là.
"Père,
soit vous apprenez à l'aimer comme je l'aime, soit vous perdez un fils !"
Lyle
regardait son père droit dans les yeux, affirmant sa position de nouveau mâle
dominant au sein de la meute des Vanger pour la première fois. Et à sa grande
surprise, l'ancien patriarche de la famille, baissa le regard, non sans proférer
quelques menaces de déshéritage dont Lyle n'avait que faire, menaces qu'il ne
mit jamais à exécution tant Suzanne su, par la suite, conquérir les cœurs de sa
future belle famille.
"Elle
te plait chérie ?"
"Oh
oui mon amour, elle est sublime mais la bague en elle-même n'est rien, ce qui
la rend si chère à mon cœur ce sont tes mots et le bonheur de devenir bientôt
ta femme. Voilà pourquoi tu insistais tant pour m'emmener dans un de ces
restaurants luxueux…"
Lyle
n'ajouta rien. Il était perdu dans ses pensées, comme souvent, ce qui gâchait
parfois les moments les plus heureux de sa vie.
"Tu
pense encore à elle n'est-ce pas ?"
Lyle ne
voulait pas mentir. Il ne savait pas quoi répondre mais soudain la devanture du
restaurant vola en éclat. Les silhouettes qui s'engouffrèrent à l'intérieur n'avaient rien d'humaines. Pour d'autres cela aurait
été la panique la plus totale mais pas pour lui.
Les clients
commençaient à fuir. Lyle attrapa un couteau en argent et le
planta en plein cœur de la créature la plus proche de lui. Puis, tel un
acrobate, il sauta sur la table pour s'accrocher au lustre, saisit la seconde
créature avec ses jambes et la propulsa sur la pointe du luminaire, poitrine en
avant. Puis, il s'approcha du premier attaquant qui gisait sur le sol.
"Vous
n'avez vraiment aucune classe. M'attaquer ici où tout est en argent était
suicidaire…"
"D'autres
après nous viendront… Beaucoup d'autres et ils t'arracheront le cœur chasseur
!" dit péniblement la chose qui reprenait peu à peu forme humaine sous les
yeux ébahit du dernier client resté là, comme médusé par
la peur devant la scène qui venait de se dérouler.
La veste du
smoking de Lyle, lacérée par les griffes des bêtes en rage, laissait à présent
entrevoir une cotte de mailles assez spéciale qui à elle seule aurait pu servir
à acheter une bonne partie du restaurant. Elle était faites de mailles d'argent
le plus pur et lui avait plusieurs fois sauvé la vie. Dans sa haine des bêtes,
Lyle perdait toute conscience de ce qui l'entourait. Plus rien d'autre n'existait
en lui à part le goût amer de la vengeance et Suzanne le savait. Elle détestait
cela, elle le détestait lui aussi quand il était ainsi car elle savait que même
elle n'existait plus alors à ses yeux dans ces moments là. Il n'était plus
l'homme qu'elle aimait. Il n'était plus que ce chasseur rempli de haine et de
rage.
Quand la
créature poussa un dernier râle, Vanger reprit ses esprits et s'enquerra enfin
de la santé de sa promise. Suzanne eut du mal à contenir en elle ce mélange de
frustration, de colère et de tristesse mais elle le ravala pour lui dire
simplement qu'elle allait bien.
C'est alors
que Lyle aperçu une troisième créature dans le coin extérieur du restaurant. La
bête prit la fuite et, sans plus se préoccuper de sa dulcinée, Lyle partit à sa
poursuite.
Chapitre 2 : Qui de la proie ou du chasseur…
La créature
était frêle mais véloce, fragile mais rapide et après une poursuite de
plusieurs heures, elle parvint à semer le chasseur dans les rues encore sombres.
Il l'avait perdue et il le savait.
Lyle s'apprêtait
à rentrer mais au moment où il allait faire demi tour, il la vit, Elle, au
loin, dans les prémices d'un soleil levant. C'était Elle. Non, impossible,
c'était impossible et pourtant…
"Caroline
!" cria t'il.
La
silhouette s'engouffra dans une ruelle puis disparut. Il eut beau essayer de la
chercher, il n'y avait plus rien. Etait-ce réel ou le fruit de son esprit ?
Etait-ce la fatigue ou la folie qui avait raison de lui ? Ou bien était-ce
simplement la peur de franchir le pas avec Suzanne… Non, elle était là, il
l'aurait juré…
Lyle revint
au restaurant. Des heures s'étaient écoulées. Chaque fois il perdait totalement
la notion du temps. Suzanne n'y était plus. Lyle franchit la devanture
fracassée. Seul demeurait écrit sur un coin de la nappe, quelques mots:
"Cela
ne finira donc jamais…"
Il savait
qu'il était inutile de courir après sa belle et, de plus, il avait conscience
qu'elle avait raison d'être en colère après lui. Mais tout cela le dépassait,
c'était plus fort que lui. Il devait chasser. Il devait exterminer jusqu'à la
dernière de ces bêtes jusqu'au jour où il le retrouverait: Lui.
Impossible
d'aller dormir à présent. En lui ne brûlait plus que l'envie de chasser.
Chasser dans l'espoir d'en repérer quelques uns et de les tuer. Dans l'espoir
de le trouver enfin, Lui, celui qui n'avait qu'un œil, sur son chemin, et de le
détruire à jamais. Dans l'espoir aussi d'effacer ce visage, cette blondeur, de
son esprit.
Mais
c'était déjà le petit matin et il devait donc y renoncer. Ce visage le hantait
encore.
Quand
Suzanne le trouva quelques heures plus tard, affalé par terre, la bouteille à
la main, vaincu plus par la fatigue de sa veille que par l'alcool qu'il avait
absorbée, elle entra dans une rage folle. Elle le secoua et le gifla tout en
pleurant. Elle le frappa de ses petits poings sur le torse. Toute l'amertume
qu'elle avait contenu jusqu'alors sortit d'un seul coup.
Comment
pouvait t'elle rivaliser avec un fantôme ?…
Chapitre 3: Ce que femme veut…
Quelques
jours passèrent et Lyle avait su se faire pardonner, comme toujours, à coups de
robes somptueuses, de bijoux, de myriades de fleurs et, cette fois, avec l'aide
d'une Porsche rouge donc Suzanne n'avait que faire.
Elle avait
simplement lu le remord réel dans ses yeux et son amour, sincère, pour elle.
Cela lui avait suffit et, d'un baiser, tout était presque effacé.
C'était
aujourd'hui le grand jour. Enfin, elle allait pouvoir essayer sa robe de
mariée. Elle l'avait désirée simple mais Lyle, comme d'habitude, voulu ce qu'il
y avait de mieux pour elle et l'avait traînée dans les boutiques de luxe.
Elle avait
craqué sur une robe Divina Sposa. Le modèle Milanesa avait retenu tous les
suffrages, aussi bien les siens que ceux du futur marié. Il faut dire que
Suzanne était juste magnifique dans cette robe. On aurait dit un nuage de
douceur enveloppant un ange tombé du ciel.
Il y avait
tant de choses à régler encore avant le mariage et Lyle avait voulu précipiter
ce dernier comme pour lui assurer qu'il la voulait, elle, et personne d'autre,
très vite, pour épouse. Un mois, c'était court pour tout organiser.
Heureusement que belle maman aidait car Suzanne avait perdu ses parents très
jeune hélas. Ils ne la verraient jamais dans sa jolie robe, seule pensée triste
qui la submergerait au moment de dire "oui" devant le prêtre.
Après le
travail, Suzanne prit la direction de la boutique de luxe. Alors qu'elle
marchait dans la rue, rêvant déjà au grand jour, une voix la ramena sur terre.
"Entrez
mademoiselle et laissez-moi lire dans votre avenir" dit une jeune femme
sans age habillée tout en rouge. Elle avait une longue robe, un fichu dans les
cheveux et un collier fait de milles pierres autour du cou.
Suzanne lut
sur la devanture "Madame Xanadu, voyance et magie"". Elle ne put
s'empêcher de sourire ironiquement tout en refusant l'invitation. Mais la femme
énigmatique insista.
"Cela
ne vous coûtera rien je vous l'assure. Qu'avez-vous à perdre ?"
Rien en
effet se dit Suzanne amusée. Au fond, cela pouvait être drôle.
Les deux
femmes entrèrent dans l'échoppe et s'installèrent l'une en face de l'autre. La chiromancienne prit la main de Suzanne dans la sienne et, sans même y jeter
un coup d'œil, plongea son regard dans les yeux de la future mariée.
"Vous
êtes la femme la plus heureuse du monde à ce jour. Un bonheur que vous attendiez
depuis longtemps se prépare. Cependant, prenez garde car il a beau vous aimer
tendrement, son cœur appartiendra toujours à une autre."
A ces mots
Suzanne se leva brusquement et sortit de la boutique. Comment cette femme avait
pu savoir tout cela, le mariage et le reste.
"Non,
il est à moi et à moi seule à présent", essaya t'elle de se rassurer.
Puis elle
chassa les mots de cette femme de son esprit, essayant de se concentrer à
nouveau sur le futur évènement qui allait marquer sa vie à tout jamais. Il
était déjà tard. Plus un instant à perdre.
Suzanne
accéléra le pas puis arriva devant la boutique. Elle pénétra à l'intérieur.
Les
derniers essais furent plus longs qu'elle ne pensait et la nuit était déjà
tombée quand elle ressortit, un sourire de contentement sur les lèvres, béate
de satisfaction.
Tout se
passa en un éclair. Les passants n'eurent pas le temps de comprendre quoi que
ce soit, pas plus que Suzanne elle-même d'ailleurs.
En un rayon
de lune une bête surgit de l'obscurité, arracha la jeune femme à ses rêves de
bonheur et l'emporta au plus profond des ténèbres.
Chapitre 4: Le pacte
"Sors
de l'ombre créature de la nuit."
"Tu
m'as senti bohémienne ?..."
"Oui,
nous autres n'avons pas besoin de vous voir avec nos yeux et ce n'est pas parce
que tu es entré dans mon échoppe sans un bruit, dans mon dos, que je n'ai pas
perçu ta présence."
La boutique
regorgeait de talismans et autres pendules. Souvent des articles de charlatan mais
que le public aimait trouver dans le magasin de Mme Andropopovitch dite Mme
Xanadu. Cela faisait plus folklore trouvait-elle et c'était surtout plus
facile à prononcer...
"Tu as
attendu que je ferme, tranquillement, là, dehors, avant de venir me voir"
Seule la
lumière du néon extérieur au magasin éclairait la scène. La bohémienne tournait
toujours le dos à la bête.
"Je
devais être sûr que tu serais seule. N'ai crainte, j'aurais déjà pu te tuer
mais je ne suis pas là pour cela"
"Me
tuer ?..."
La gitane
lâcha un léger rire moqueur et pointa du doigt une rangée de bocaux étranges contenant
quelque chose d'irréel et d'éthéré. On pouvait y distinguer de temps en temps,
comme flottants dans une sorte de brume, des yeux dorés et une marque: un
pentacle.
Ce ne fut
pas la femme alors qui frissonna mais la bête.
"Tu me
sous-estime créature de l'enfer. Je suis comme celui que tu désires, moi aussi,
chasseuse à mes heures. Mais ce n'est pas vos corps que je chasse, ce sont vos
âmes damnées et je les emprisonne, là, dans ces bocaux."
"Ainsi
tu sais déjà ce qui m'amène à toi sorcière."
"Tu
veux le chasseur, et tu as besoin de moi pour cela n'est-ce pas ?... Mais que
me propose-tu en échange ?"
"D'augmenter
ta sinistre collection avec mes frères. Nous savons que beaucoup d'entre nous
se perdront, corps et… âme, dans ce combat et je suis prêt à te donner cela, à
t'offrir toutes les âmes que tu voudras prendre."
"Crois-tu
que j'ai besoin de toi pour cela, crois-tu qu'il me faille ta permission
?"
"Non,
mais si tu m'aide, bien des âmes seront tiennes et très vite, par
centaines."
La
bohémienne hésita puis demanda:
"Qu'attends-tu
de moi ?"
"Que
tu délivres un message au chasseur et que tu le persuade ensuite de suivre sa
destinée"
Une main
griffue laissa apparaître un morceau de papier que la créature tendit à la
bohémienne.
"Je le
ferai."
La bête se
retourna alors pour sortir. La lumière des phares d'une voiture éclaira
l'instant d'une seconde son visage, mi homme, mi loup, qui n'arborait plus
qu'un seul œil…
Chapitre 5: Personne ne peut lutter contre son
destin
Un verre à
la main, Lyle était d'humeur songeuse, comme souvent. Il revoyait le jour de
son mariage avec Caroline. La sublimissime et richissime Caroline. Elle,
contrairement à Suzanne, était de sa classe sociale. Ses parents avaient fait
fortune dans le prêt à porter et c'était avec fierté que son père regardait sa fille
avancer vers l'autel dans l'une de ses robes stylisées.
Alors même
que le curé posait la question fatidique, Lyle savait qu'il l'aimerait jusqu'à
son dernier jour.
Le soir
venu, lors de la réception, les deux tourtereaux s'évincèrent un moment dans le
parc de l'immense propriété. La lune était magnifique et inondait de sa lumière
le banc sur lequel les deux amoureux s'enlacèrent. Alors qu'ils s'embrassaient
tendrement, une bête apparut et projeta Lyle contre un arbre. Elle planta ses
crocs dans l'épaule de la jeune femme. Ce fût la dernière vision que Lyle eut
avant de perdre conscience sous l'effet du choc.
Il fut tiré
de sa léthargie par des cris et des larmes. Le soleil s'était levé et il ouvrit
les yeux sur ses parents, ses beaux parents et Caroline, allongée par terre,
lacérée par les griffes, déchirées par les crocs: morte.
Même le
jour de l'enterrement, il ne prononça pas un mot ni ne versa une larme. Une fois
tout le monde parti, il s'écroula à genoux sur sa tombe. Il aurait voulu mourir
là, à cet instant, et demeurer à jamais à ses côtés.
Mais la vie
continua ou du moins, quelque chose qui en était une pâle copie. Lyle ne
sortait plus, ne mangeait plus, ne dormait plus.
Puis un
jour, Elle entra dans sa vie. Suzanne. Elle était en tout l'opposé de Caroline
et il apprit à l'aimer.
"M Vanger
?" demanda une voix
Lyle sortit
lentement de ses pensées.
"Oui"
"J'ai
un message à vous remettre"
La jeune
femme tendit un morceau de papier à Lyle. Il le déplia. Un mélange de rage et
de douleur apparut sur son visage.
"Qui
vous a donné ceci ?!"
"Celui
qui n'a qu'un œil. Il vous attendra avec son armée, à minuit, au cimetière de
Grandville. Bien sûr, vous devez venir seul si vous voulez la récupérer en
vie."
Lyle ne se
demanda même pas qui était cette femme ni quel rôle elle jouait dans cette
histoire. Plus rien ne comptait à part Suzanne et détruire cette maudite
créature borgne. Il pénétra dans une pièce secrète et ouvrit les panneaux
muraux pour laisser apparaître une multitude d'armes. Des poignards en argent,
des armes automatiques à balles d'argent et même des grenades en argent. Tout cela
aurait pu servir à faire construire des hôpitaux ou des orphelinats plutôt qu'à
financer des armes de destruction. Il le savait, n'en était pas fier mais rien ne pouvait être
autrement.
Lyle saisit
un poignard, se retourna brutalement et le lança de toutes ses forces. La lame
virevolta pour venir se planter droit dans la tête empaillée d'un loup accrochée
au mur.
Grandville,
le cimetière abandonné à l'écart de tous. Cela lui convenait.
Chapitre 6: Vengeance
A la nuit
tombée, la lune était pleine dans le ciel. Lyle se rendit au cimetière.
A son
arrivée, il distingua l'étrange femme sur la colline surplombant le cimetière.
A son grand étonnement, les centaines de créatures présentes ne l'attaquaient
pas. Il ne s'expliquait pas cela mais n'en avait que faire. A côté d'elle il
vit la bête à l'œil unique qui tenait Suzanne.
Comme un
signe du ciel, il se mit à pleuvoir. Un orage éclata et le tonnerre gronda. Il
devait l'atteindre et le tuer mais pour cela il lui fallait passer à travers
des dizaines de créatures déchaînées. Lyle posa lentement ses armes au sol. Le
borgne retenait ses légions. Les deux êtres se détestaient mais il y avait
comme une sorte de respect l'un pour l'autre. Le chasseur retira son manteau,
laissant apparaître les poignards, les cartouchières, les grenades et armes à
feu dont tout son corps était recouvert. Il prit en main une arme automatique
qu'il pointa vers les bêtes. Ce fut comme un signal. Le temps qui alors s'était
figé pour mieux se préparer au combat, s'accéléra.
Lyle fonça
vers la meute qui se précipita vers lui sur un signe du borgne. Il lança une
première grenade puis une seconde. Des dizaines de symbiotes mi homme mi bête y
laissèrent la vie. Puis, il fit cracher un feu d'argent à son fusil
automatique. C'était surréaliste. Lui seul contre tous. Avant même que la
première créature ne l'atteigne, des centaines étaient à terre. Il n'en restait
que très peu en fait. A court de munitions, il lança plusieurs poignards puis en
garda deux en main. Lyle entra alors dans une danse frénétique, une danse de
mort où les lames d'argent tranchaient et transperçaient tout ce qu'elles
croisaient. Rien ne semblait pouvoir stopper sa course. Dans sa rage folle il
n'avait plus peur de mourir et cela faisait de lui un être invincible. Sa cotte
de maille était lacérée par les griffes. Sa peau ruisselait du sang de ses
ennemis mais aussi du sien et quand la dernière bête tomba de tout son poids
sur le sol, le chasseur se tourna immédiatement vers le borgne, seul à présent
sur sa colline près de Suzanne et de la bohémienne. Ce dernier voulu dans une
ultime vengeance tuer Suzanne.
"Tu ne
la touchera pas créature de l'enfer !" dit la bohémienne puis elle ajouta.
"Ce
n'était pas dans notre accord démon. Ta seule victime est en bas. Vas t'en !
Cette fille est sous ma protection"
Elle fit un
geste de la main et, comme effrayé par un puissant pouvoir, le borgne qui avait
à présent la forme d'un loup énorme et surpuissant, recula puis couru en
direction de Vanger. Les deux ennemis se précipitèrent l'un contre l'autre. Au
moment où ils se touchèrent, la foudre tomba non loin sur le sol. Les dents du
loup s'enfoncèrent dans le cou du chasseur et ce dernier planta sa lame dans le
cœur de la créature qui s'effondra, morte, sur le sol.
La lune
baignait de ses rayons un champ de cadavres où la mort avait fait son œuvre. La
mort qui avait cette nuit les traits d'un chasseur.
Lyle se
dirigea en haut de la colline, vers la bohémienne et Suzanne qui reprenait
seulement tout doucement ses esprits.
"Recule
Vanger où je devrais te tuer" dit la gitane. Puis, le montrant du doigt
elle dit:
"Tu es
à présent tout ce que tu as toujours détesté"
Lyle toucha
sa poitrine à l'endroit indiqué par la femme en rouge et il y vit un pentacle.
"Ce
n'est qu'une question de minutes, d'heures ou de jours à présent, tout dépend
mais tu finiras par te transformer et dans ta soif de sang, même elle tu
pourrais la tuer."
Lyle savait
qu'elle avait raison. Il tendit une main vers Suzanne, apeurée, qui pleurait
autant à cause du choc de toute cette nuit que de peur et de chagrin, en comprenant
qu'elle avait perdu à jamais celui qu'elle aimait. Alors même que pourtant elle
allait lui tendre sa main elle aussi, Lyle vit du coin de l'œil qu'une créature
avait survécu à la bataille. Il se retourna sa lame à la main pour achever son œuvre
et vit la bête.
C'était la créature qu'il avait poursuivit en sortant du restaurant, il l'aurait juré. Cette silhouette frêle et gracile qui avait quelque chose de familier.
La lune
disparaissait peu à peu, faisant place au soleil levant.
"Si tu
crois que je vais t'épargner démon, tu te trompe lourdement !"
Lyle était
prêt à planter son poignard dans le cœur de la bête immonde, se disant qu'au
moins, il débarrasserait la ville de la dernière de ces créatures. Mais au fil
des secondes, le soleil se leva sur la bête qui se transformait peu à peu. Quand
elle eut regagnée suffisamment forme humaine, elle murmura d'une voix encore gutturale:
"Ne me
tue pas mon amour, je t'en prie, ne me tue pas. C'est moi…"
Cette voix.
Bien que transformée, Lyle reconnaissait cette voix mais il ne pouvait y
croire. Et pourtant, peu à peu, le soleil lui donnait raison. Devant lui se tenait
une jeune femme blonde, nue, qui avait été magnifique un jour mais qui n'était
plus que l'ombre d'elle-même à présent. Le chasseur lâcha sa lame.
"Caroline…"
"Lyle…
Mon amour…"
"Mais
comment… ?"
"Comme
toi, j'ai été mordue par une de ces bêtes à la dernière pleine lune mensuelle.
Vous m'avez mise en terre mais quand la lune fût pleine de nouveau, je me suis
transformée et suis revenue à la vie. C'était horrible, j'étais encore moitié
humaine et j'ai du gratter de mes griffes pour sortir de ma tombe et répondre à
la soif de sang qui était devenue mienne"
Lyle prit
l'amour de sa vie contre lui. Plus rien d'autre n'existait encore une fois
autour de lui.
"Je
t'aime Caroline. Je n'ai jamais cessé de t'aimer."
"Moi
aussi mon amour. Mais je ne pouvais pas te dire que j'étais en vie. Pourtant
je t'observais la nuit tombée, dans les bras d'une autre. Tu ne peux pas savoir
comme j'ai souffert de ma condition et de te voir avec une autre femme."
"Pardonne
moi ma chérie…"
Ni les
cadavres, ni la bohémienne ni même Suzanne que pourtant il avait aimée
sincèrement n'existaient plus. Les deux marques des deux êtres se frôlaient.
Il embrassa Caroline la serrant contre lui de son bras droit et, de sa main
gauche, il saisit la dernière grenade qu'il lui restait et la dégoupilla. La
bohémienne eut à peine le temps de mettre Suzanne à l'abri, de
l'autre côté de la colline, qu'une immense explosion retentit. La lumière
d'argent se confondit un instant avec celle du soleil levant puis plus rien.
Juste le
silence.
Chapitre 7: Épilogue
Toute sa
vie Vanger avait cru chasser un loup borgne mais en fait sa véritable proie
était la femme de son cœur. Il l'avait retrouvée, enfin. Mais c'était la proie
qui n'avait jamais cessé de poursuivre le chasseur, et le chasseur qui était
devenu finalement la proie.
Suzanne
rentra chez elle et s'écroula en pleurs sur son lit, sa vie balayée en une
fraction de seconde, dans une explosion.
La bohémienne regagna sa boutique et déposa un seul bocal sur son étagère. A l'intérieur, deux formes éthérées se mélangeaient pour l'éternité, deux formes éthérées et des yeux bleus plein d'amour qui s'entrelaçaient. Les pentacles flottèrent un moment dans le bocal puis fusionnèrent pour n'en former plus qu'un: leur amour avait prit à jamais la forme de la marque du loup.
Lionel Vautrin
Tous droits déposés, 2008.
02 juin 2008
espoir et désespoir
Un tout petit mot pour vous présenter un petit texte sans prétention que j'ai écrit il y a quelques temps afin de dire à tous mes ami(e)s (et en particulier à l'une d'elle) qu'à toute chose triste dans la vie réponds une chose heureuse.
Ainsi ce texte est construit: à chacun des 5 paragraphes du début réponds l'un des cinq de la fin.
Tout est équilibre et c'est vers cet équilibre qu'il vous faut tendre, tous et toutes car si vous perdez trop longtemps cet équilibre, vous risqueriez un jour de me ressembler, d'avoir une vie comme la mienne, enfin de ne plus avoir de vie du tout en fait...
Ne perdez jamais l'espoir car, quand vous êtes perdus dans les profondeurs de la nuit, il se peut qu'un être désespéré vous prenne la main pour vous pousser de nouveau dans la lumière...
ESPOIR ET DÉSESPOIR
Le
désespoir,
De n’avoir
point trouvé
L’être qui
vous ressemblerait
L’âme sœur
cherchée depuis toujours
Sa propre
moitié, le grand amour
Le doute,
D’être ici
bas pour être aimé
Ou de ne
l’avoir jamais vraiment été
Perdu au
cœur même de la ronde
De la violence
de ce monde
L’injustice,
Qui
quelquefois vous envahit
Impression
que son cœur rétrécit
Spectateurs
du bonheur d’un autre
Qui ne sera
jamais le votre
L’amertume,
De se
sentir seul et fatigué
D’y croire,
de chercher, d’espérer
Résigné à
n’être dans la masse
Que celui
ou celle que l’on efface
L’envie
En
regardant s’aimer les autres
Bonheur que
l’on voudrait faire notre
Epuisé par
la vie qui passe
Et qui un
beau jour vous chasse
La joie,
De voir les
êtres qui nous sont chers
Goûter à un
bonheur délétère
Etre
heureux par procuration
En savourer
la satisfaction
La douceur,
De sentir
l’écho de son âme
A travers
les yeux d’une femme
Même si
l’instant reste fugace
Tout petit
bonheur qui passe
La sagesse,
Savoir que
tout est apaisé par le temps
Les
blessures passées, les tourments
Et qu’être
heureux n’est pas réservé
A une
infime minorité
L’évidence,
D’être né
sur cette terre
Avec ce
doux instinct primaire
De vouloir
par-dessus tout
Quitter le
"je" pour devenir "nous"
L'espoir,
Que Tu dois
toujours garder
Enfouit en
toi, jardin secret
Croiser de
quelqu'un le regard
Et vouloir à nouveau y croire
Astriel